Le Salem Express 2017.

 

L’ histoire du SALEM EXPRESS, 

Le Salem Express est un car ferry de 115 m par 18 m de fond environ pour 1106 tonnes.

Mis sur cale en 1963 aux Forges et Chantiers de la Méditerranée à la Seyne sur Mer, il est lancé le 30 novembre 1964 pour la Compagnie Générale Transatlantique sous le nom de Fred Scamaroni.

C’est un navire innovant par son système de ponts garages relevables, par ses hélices à pales orientables ainsi que par son système de ballasts permettant de s’adapter à la hauteur des quais.

Il est propulsé par 2 grandes hélices (ø2 m) entraînées par  4 moteurs diesel Pielstick d’une puissance totale de 14880 CV lui autorisant une vitesse de près de 20 nœuds.

Mais lors de la campagne d’essais à la mer, il est ravagé par un important incendie déclaré dans la salle des machines dans la nuit du 26 au 27 juin 1965.

Il n’entrera en exploitation que le 17 mai 1966 entre Marseille et Ajaccio.

Il passera sous les couleurs de la Compagnie Générale Transméditerranéenne en 1969 et sera transféré à la Société Nationale Maritime Corse Méditerranée en 1976.

Il sera vendu à Olau Line Akts (Danemark) en 1980 et baptisé Nuit St Georges pour le service Ramsgate Dunkerque. Après la faillite de l’armateur (Ole Lauritzen France) le navire est désarmé à Vlissingen (Pays Bas).

Il est acheté en novembre 19814 par  la Lord Maritime Enterprise (Egypte) et rebaptisé Lord Sinaï en 1982 et assure les rotations Suez Aqaba.

En 1984 il prend le nom d’Al Thara. Enfin, en 1988 il est revendu à la Samatour Shipping Company (Egypte) et renommé Salem Express pour la desserte Jeddah, Port Safaga au départ de Suez.

Dans la nuit du 15 au 16 décembre 1991, par une mer agitée, le Salem Express revient de Jeddah (Arabie Saoudite) avec une majorité de pèlerins de retour de La Mecque.

Il heurte, vraisemblablement à la suite d’une erreur de navigation, une formation madréporaire affleurante proche de Hyndman Reef au sud est de Port Safaga. Le choc est violent causant une large déchirure de la coque et entraînant une ouverture de la porte avant.

Aussitôt l’eau s’engouffre et le ferry coule très vite. De nombreux passagers dormaient dans leur cabine. Le bilan humain est très lourd ; On ne dénombrera que 180 survivants sur les 690 passagers estimés.

A posteriori, le comportement de l’équipage et la désorganisation des secours ont été critiqués. Mais le naufrage a été si rapide … la présence des chaloupes à poste aux bossoirs en témoigne.  

La Plongée

L’épave repose sur le flan tribord non loin de la paroi du récif sur un fond de sable par 30 m.

La découverte du site est impressionnante, non seulement par la taille du navire mais surtout par tous les détails qui nous laissent entrevoir la tragédie.

Tous ces objets épars ayant appartenus aux passagers : valises, poste de radio, sacs à main et autres vous remuent intérieurement.

C’est une épave émouvante qui incite au respect. De plus sachant que les autorités n’ont pu remonter tous les corps  il faut parcourir ce sanctuaire avec révérence.

Après la vision des canots abandonnés, de toutes ces tôles ondulées qui ont glissé des tauds et de  tous ces objets qui accompagnaient les voyageurs on est moins attentif à la colonisation de la faune et on termine sa plongée avec des sentiments mêlés.

Le temps effacera lentement les signes de la tragédie, la nature s’en chargeant avec ses coraux et ses alcyonaires.